Certaines des images transmises présentes des détails sans précédents à propos des mouvement de la matière qui s’échappe d’une tache solaire. D’autres clichés offrent des vues extrêmement rapprochées de l’activité à la surface du Soleil. Le satellite a aussi réalisé les premières mesures à très haute résolution et dans une vaste gamme de longueurs d’ondes ultraviolettes d’une éruption solaire.
Les chercheurs de l’Observatoire de Paris sont directement associés à la mission du satellite Solar Dynamics Observatory. Les physiciens solaires, notamment, ont participé à la définition de certains des détecteurs embarqués et ils contribuent à l’analyse poussée des données inédites collectées.
Lancé le 11 Février dernier, SDO est à ce jour le plus avancé des satellites qui épient et surveillent le Soleil. Au cours des cinq prochaines années, il étudiera le champ magnétique solaire et se livrera à un examen très poussé de l’impact des colères du Soleil sur la chimie de l’atmosphère et le climat de notre planète. Depuis son lancement dans l’espace, les ingénieurs ont procédé aux tests de vérification du bon fonctionnement des équipements embarqués. A présent, SDO est déclaré pleinement opérationnel. Il va pouvoir produire des images de l’astre du jour qui présenteront une résolution (une qualité) 10 fois meilleure que celle des standards de télévision haute définition.
SDO doit notamment aider à déterminer comment le champ magnétique solaire est généré et converti en événements violents tels que le vent solaire turbulent, les éruptions et les éjections de masse coronales. Lorsqu’elles sont émises en direction de la Terre, ces gigantesques bulles de matière diluée, peuvent causer des orages magnétiques qui perturbent la magnétosphère et l’environnment de notre planète. Le nouveau satellite scientifique produira des données essentielles pour améliorer la capacité à prédire les événements majeurs de la météorologie de l’espace.
La météorologie de l’espace est reconnue comme la cause de problèmes technologique importants depuis l’invention du télégraphe au XIXe siècle. Lors de ces épisodes, les fluctuations du champ électromagnétique de la Terre peuvent provoquer des courants extrêmement intenses dans les lignes de transport de courant, entrainer des dysfonctionnements des réseaux de distributions d’électricité, voire les mettre en panne. Les éruptions solaires interfèrent avec les communications entre le sol, les satellites et les avions. Les bruits radio générés par les orages géomagnétiques perturbent aussi les services de téléphonie mobile.
Au long cours, les trois instruments scientifiques du satellite SDO enverront sur Terre chaque jour la bagatelle de 1,5 teraoctets de données, l’équivalent d’un demi-million de chansons sur un lecteur MP3.
La caméra Helioseismic and Magnetic Imager HMI cartographiera le champ magnétique solaire et auscultera le Soleil sous sa surface opaque. Cet instrument décryptera l’origine de l’activité solaire. Les chercheurs cartographieront la propagation des ultrasons du Soleil pour étudier les dessous des taches solaires.
L’ensemble Atmospheric Imaging Assembly AIA est un groupe de quatre télescopes qui photographient la surface solaire et son atmosphère. Cet instrument couvre dix longueurs d’ondes différentes, ou couleurs individuelles, sélectionnées afin de faire apparaître les aspects clefs de l’activité solaire.
L’expérience Extreme Ultraviolet Variability Experiment EVE mesure les fluctuations des émissions lumineuses du Soleil. Celles-ci ont un effet direct important sur les hautes couches de l’atmosphère solaire, les chauffants et dissociant les atomes des molécules qui les composent.
Les chercheurs de l’Observatoire de Paris, spécialistes du magnétisme de l’atmosphère solaire, apporteront leur expertise à l’analyse des images. Ils approfondiront la compréhension du lien entre le champ magnétique et le déclenchement des éruptions solaires observées. A terme, une meilleure capacité à prédire les éruptions solaires pourrait en découler. La suite de ces études permettra peut-être de se prémunir plus efficacement contre leurs effets sur Terre.
Pour en savoir plus
SDO à l’Observatoire de Paris :
.Première lumière
.Lancement du satellite
Solar Dynamics Observatory (en anglais)
Contact
Etienne Pariat
LESIA
