
- Image de la face du Soleil opposée à la Terre obtenue à partir des données de STEREO.
- (NASA)

- Vue d’artiste d’une sonde de la mission STEREO.
- (NASA)
Le Soleil émet en permanence des flux de particules (électrons, protons, ions) dans le milieu interplanétaire : c’est ce que l’on appelle le vent solaire. Les éruptions solaires, elles, sont des phénomènes aux énergies beaucoup plus élevées et dont les flux de matière sont beaucoup plus importants. Plusieurs milliards de tonnes de matière peuvent ainsi être éjectées avec des vitesses de plus de 400 km/s. Ces particules peuvent atteindre l’atmosphère terrestre pour y induire une multitude de phénomènes : aurores boréales, irradiation des spationautes, perturbations des communications radios ou de la distribution de l’électricité… Les processus physiques déclencheurs de ces éjections sont mal connus.
La mission STEREO vise à analyser ces éruptions et à étudier leurs impacts sur l’environnement terrestre. L’un de ses principaux objectifs est d’améliorer significativement la prévision de ces perturbations solaires, encore méconnue. Les éruptions solaires ont déjà été observées par des satellites situés entre le Soleil et la Terre, comme SOHO. Toutefois, ces instruments deviennent quasiment « aveugles » quand les éruptions sont dirigées vers la Terre. D’où l’intérêt pour les scientifiques de disposer de deux sondes positionnées de part et d’autre du Soleil. C’est le cas des deux sondes jumelles STEREO lancées en novembre 2006 par la NASA. Elles ont suivi des orbites différentes autour du Soleil : l’une prend du retard par rapport à la Terre, l’autre de l’avance. Aujourd’hui, elles sont écartées à 180° l’une de l’autre (en opposition). Chacune « voit » donc une moitié du Soleil, permettant de reconstituer, pour la première fois, à un instant t, le Soleil dans son intégralité (360°).

- Position des deux sondes STEREO en février 2011.
- (NASA)
Fait remarquable, les scientifiques ont maintenant accès à la face solaire opposée à la Terre, non visible depuis notre planète au moment de l’observation. Ils pourront donc suivre l’évolution des structures solaires (taches, filaments) pendant toute leur durée de vie, depuis leur naissance jusqu’à leur disparition. Jusqu’à présent, ces structures n’étaient plus visibles, une fois passées sur le bord Ouest du Soleil. À partir d’aujourd’hui, une nouvelle phase dans l’observation du Soleil commence. Les chercheurs espèrent également prévoir les éruptions solaires apparaissant sur la face solaire opposée à la Terre et pouvant tout de même avoir des répercussions sur notre planète. En scrutant les régions actives – celles qui génèrent des éruptions -, ils comptent mieux comprendre les mécanismes de déclenchement des phénomènes éruptifs.
Cette observation du Soleil se poursuivra grâce aux deux sondes STEREO mais aussi par le développement à l’horizon 2018-2020 de nouvelles missions visant à s’approcher au plus près du Soleil, dans des régions encore inexplorées et avec des instruments novateurs qui permettront de sonder le milieu comme cela n’a jamais été réalisé.
Images et vidéos
- (Nasa / GSFC / STEREO)
- (NOAA, AFW, AFRL, George Mason University, NASA, NSF, and NRL. )
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Image de la face du Soleil opposée à la Terre obtenue à partir des données de STEREO
Vue d’artiste d’une sonde de la mission STEREO
Position des deux sondes STEREO en février 2011
Vidéo 1 (mov 80Mo)
La sphère du Soleil en rotation. Combinaison d’images des deux sondes spatiales Stéréo avec les données obtenues simultanément par l’observatoire spatial Solar Dynamics Observatory.
Vidéo 2 (mov 20Mo)
Les observations des satellites Stéréo et SDO seront critiques pour délivrer des alertes précises en cas de tempête dans la météorologie de l’espace. Elles aideront à protéger les technologies dont nous dépendons dans nos activités quotidiennes. Les données concernant les éjections de masse du Soleil alimentent le travail des prévisionnistes. Un modèle numérique sur ordinateur calcule, ensuite, la trajectoire des bourrasques de particules en direction de la Terre. Les orages géomagnétiques sont prévus jusqu’à 4 jours à l’avance.
1 Solar TErrestrial RElations Observatory
2 En France, les laboratoires impliqués sont : le Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (Observatoire de Paris/CNRS/UPMC/Université Paris Diderot), l’Institut d’astrophysique spatiale (CNRS/Université Paris-Sud 11), le Laboratoire Charles Fabry de l’Institut d’optique (CNRS/Université Paris-Sud 11/IOGS) et l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/Université de Toulouse 3).
3 Voir le communiqués de presse : « STEREO : Anatomie d’une tempête solaire en 3 dimensions »
Contacts chercheur
Carine Briand
01 45 07 77 04
Frédéric Auchère
01 69 85 87 33
Jean-André Sauvaud
05 61 55 66 76
Presse CNRS
Priscilla Dacher
01 44 96 46 06
Presse Observatoire de Paris
Alexia Sagot
01 40 51 23 97
