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La musique ancienne venue des astres
Samedi 7 mai 2011, Tours

par Philippe Zarka, directeur de recherche CNRS, radioastronome au Laboratoire d’Etudes Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique LESIA - Observatoire de Paris

nebuleuse d'orion On parle souvent de la « musique des sphères » ou des radiotélescopes comme de « grandes oreiles à l’écoute du cosmos ». Or aucun son ne se propage à travers le vide de l’espace. Les astres seraient-ils donc désespérément muets ? Pas nécessairement : ils nous envoient de la lumière de toutes les couleurs, visibles et invisibles. Or il est possible de « traduire » littéralement cette lumière en sons. Si cette image sonore n’est qu’une illustration de la lumière, elle n’en permet pas moins de mieux appréhender les informations de fréquence, d’intensité, de spectre, de variations temporelles… véhiculées par la lumière. Or, comme cette dernière se propage à vitesse finie, très grande à notre échelle, mais très petite à l’échelle des dimensions de l’Univers, voir loin dans l’espace c’est voir loin dans le passé. La traduction sonore de la lumière d’astres lointains est donc une « musique ancienne venue des astres »… Pour bien comprendre, et éviter les erreurs d’interprétation, il est nécessaire d’expliquer d’abord ce que sont ces sons. Puis, on vient à parler de l’espace et du temps, avant de se laisser bercer par les images sonores des planètes et du Soleil, nos proches voisins, puis de pulsars plus lointains, et enfin du dernier cri de la matière qui tombe dans les trous noirs au cœur des galaxies. Avec une écoute d’images sonores du Soleil des planètes, des pulsars, et même le dernier cri de la matière qui tombe dans le trou noir, et une causerie improvisée sur « que sont ces sons ? » (comme l’autre fois) et « de quels temps viennent-ils ? » en expliquant que dans l’Univers, voir (ou ici « entendre » loin, c’est remonter le temps).

Cela fait suite à une collaboration science-art, entamée à Tours lors d’une installation « Volume Sonore » coïncidant avec la Nuit des chercheurs, et à des projets de participation de « Volume Sonore » à l’inauguration du radiotélescope européen LOFAR à Nançay, Cher, région Centre.

Mis à jour le 18 avril 2011
 
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