Grande carte de la Lune de Jean-Dominique Cassini
La grande carte de la Lune de 20 pouces (soit 53 cm de diamètre) fut dressée d’après les dessins originaux des taches de la Lune (voir ci-dessous, Ms D-VI-40) et présentée le 18 février 1679 par Jean-Dominique Cassini à l’Académie. Quoiqu’elle ne soit pas signée, le graveur en fut probablement Jean Patigny, alors appointé par le roi « pour dessiner et graver les figures des constellations…et en particulier les taches de la Lune ». Au niveau du promontoire d’Héraclides, on distingue la tête d’une femme à la chevelure déployée, dans laquelle certains ont cru voir le portrait de l’épouse de l’astronome.
Les exemplaires de cette carte étant devenues « extrêmement rares », Cassini IV, arrière petit-fils de Cassini I, fit effectuer en 1787 un nouveau tirage lorsque le cuivre, égaré pendant plusieurs années, fut enfin retrouvé à l’imprimerie royale. Un an plus tard, il fit tirer une version réduite de la carte où le diamètre de la Lune n’est plus que de 17,6 cm en l’accompagnant d’une longue note historique et descriptive.
Observatoire de Paris, inv. I. 1576
Dessins originaux des taches de la Lune
La Lune occupa Jean-Dominique Cassini pendant neuf années, de son arrivée à l’Observatoire en 1671 jusqu’en 1679. Ses observations donnèrent lieu à la réalisation d’un grand atlas, les dessins étant confiés à deux artistes, Sébastien Leclerc puis Jean Patigny. Ces dessins originaux à la sanguine sur papier bleu ou blanc occupent soixante planches. Jean-Dominique Cassini a porté sur la plupart au crayon noir les date, heure et circonstances des observations correspondantes.
Passé dans les archives de la famille Cassini après la révolution française, ce précieux recueil fut remis par Cassini IV au Bureau des longitudes en 1823.
Observatoire de Paris, inv. Ms D-VI-40
Fac-similé de l’astrarium de Giovanni Dondi
A l’occasion de l’exposition Galileo, une opération de valorisation du fac-similé de l’astrarium de Dondi a été réalisée par l’Observatoire de Paris en collaboration avec le CNRS. Elle a été conduite à partir de 1986 par la Bibliothèque et le laboratoire Systèmes de Référence Temps-Espace.
L’astrarium est la première horloge planétaire conçue pour être mue par une horloge mécanique. Imaginée et réalisée au XIVe siècle par Giovanni Dondi, elle a complètement disparu au XVIe siècle. Heureusement, Dondi a laissé un manuscrit autographe contenant un compte-rendu détaillé de son entreprise accompagné d’une abondante illustration. Ce document spectaculaire est conservé à la Bibliothèque capitulaire de Padoue.
Plusieurs reproductions de l’astrarium original de Dondi ont été exécutées. Celle de l’Observatoire de Paris est la seule à avoir été faite à partir d’une lecture complète du manuscrit.
L’astrarium est réalisé en laiton. Les mouvements des planètes sont répartis en cadrans autour de « l’horloge commune », qui produit le mouvement quotidien et sert de moteur. Chaque mécanisme suit la construction que Ptolémée avait mise au point (avec déférent, équant et épicycle).
Observatoire de Paris, inv 404
Visite de Louis XIV à l’Académie des sciences. Gravure de Sébastien Leclerc, 1671
Cette illustration célèbre apparut pour la première fois en frontispice d’un des premiers recueils publiés sous la responsabilité de la toute jeune Académie ; il réunissait les Mémoires pour servir à l’histoire naturelle des animaux de Claude Perrault, architecte et savant, et la Mesure de la Terre de Jean Picard, le créateur de l’astronomie géodésique en France. On ne sait où se déroule la scène dessinée et gravée par Sébastien Leclerc. Les académiciens se réunissaient à l’époque à la Bibliothèque du Roi, rue Vivienne, et utilisaient le jardin pour faire des observations, se déplaçant aussi parfois dans les galeries et jardins du Louvre. Parmi les instruments qu’ils employaient, Jean-Dominique Cassini cite un grand quart de cercle semblable à celui ici représenté. On a aussi émis l’hypothèse d’une salle du Jardin du Roi. Depuis ces différents lieux, il était évidemment impossible d’apercevoir l’observatoire, en construction depuis 1667 sous la direction de Claude Perrault. Il pourrait donc s’agir d’une scène factice destinée à mettre en valeur les grandes réalisation scientifiques impulsées par le Roi-Soleil, tout particulièrement l’Observatoire auquel se trouvaient liés les deux académiciens auteurs du recueil. La première visite de Louis XIV à l’Observatoire eut lieu en 1682.
Observatoire de Paris, inv. I. 110
L’Observatoire de Paris. Gravure d’Antoine Coquart, 1705
Coquart grava cette planche regroupant trois vues de l’Observatoire de Paris pour L’Atlas curieux …orné par des plans et descriptions des villes capitales et principales et des plus superbes édifices qui les embelissent comme sont les églises, les palais les maisons de plaisance, les jardins, les fontaines … de Nicolas de Fer (1646-1720), Géographe du Dauphin. Elle présente simultanément les façades Sud et Nord de l’Observatoire ainsi qu’une scène mettant en relief les travaux que l’on y menait. L’Observatoire, qui est encore et pour longtemps en pleine campagne, avait accueilli entre 1685 et 1688 la tour de Marly que l’on remarque sur la droite et qui servait auparavant à élever les eaux alimentant le parc de Versailles. Pour observer les astres, les astronomes au premier plan utilisent, à l’instar de Jean-Dominique Cassini et de son fils Jacques, de « grands verres » ou « grandes lunettes sans tuyau », c’est—à-dire un oculaire et un objectif simple placé chacun à l’extrémité d’une longue vergue. Pour de plus courtes longueurs focales, un tuyau pouvait être ajouté au dispositif : ainsi celui que l’on voit entre l’Observatoire et la tour de Marly.
Observatoire de Paris, inv. I. 123
Erasmus Habermel. Cercle entier, s.d.
Cet instrument, qui permettait de déterminer un angle ou de repérer une direction porte la signature d’Erasmus Habermel et un écu non identifié. Quoique peut-être originaire de Nuremberg, Habermel (mort en 1606) fut actif à Prague au moins dès 1576 et son atelier produisit des centaines d’instruments dont 150 subsistent encore. En 1594 un décret en fit le fabricant d’instruments attitré de Rodolphe II.
Le cercle entier en cuivre doré est placé sur un fût vertical à rotule reposant sur un trépied très ouvragé où l’on remarque des aigles ou des griffons. Le plateau, où l’alidade mobile manque, porte deux pinnules fixes. Sur le cercle intérieur, des inscriptions donnent les mesures comparées d’un pied pour les villes de Prague, Nuremberg, Vienne et Rome et, vraisemblablement, la façon de calculer la portée d’un boulet de plomb, fer ou pierre. Une boussole devait être placée entre les pieds, sur l’emplacement circulaire prévu à cet effet.
Observatoire de Paris, inv. 18
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